La donnée existe depuis vingt ans. Personne ne décide avec.
C'est le secteur le mieux équipé en capteurs et le moins équipé en décisions automatiques. L'écart entre les deux est ce sur quoi nous travaillons.
Trois sources qui ne se parlent pas, et un fichier Excel qui fait le lien.
Le fichier existe dans toutes les usines que nous visitons. Il est tenu par une personne, et il est le vrai système d'information.
Les données de production viennent des machines, les données de commande de l'ERP, et les données de maintenance d'un troisième outil ou d'un classeur. Chaque source a sa granularité, son horloge et ses identifiants. La réconciliation se fait à la main, chaque semaine, par quelqu'un qui part à la retraite dans trois ans.
La conséquence est que les décisions se prennent après coup. On constate un arrêt, on explique une dérive de rendement, on reconstruit un reporting pour le comité. Les éléments permettant d'anticiper étaient présents, mais répartis entre trois systèmes et personne n'avait le temps de les rapprocher.
Quatre cas, du plus accessible au plus exigeant.
Aucun ne demande de remplacer un automate ni de toucher à la couche temps réel.
La réconciliation des sources
Rapprocher automatiquement production, commandes et maintenance sur une base commune, avec la trace des écarts. C'est le socle : sans lui, les trois cas suivants n'ont pas de données fiables à lire.
Le reporting qui se construit seul
Produire les tableaux du comité à partir des données réconciliées, avec pour chaque chiffre son origine. Le gain immédiat est le temps rendu, le gain durable est la fin des discussions sur la validité des chiffres.
L'anticipation des arrêts
Signaler les dérives qui précèdent une panne, avec la raison du signalement et l'historique des cas comparables. Un signalement sans explication n'est jamais suivi d'effet en atelier.
La préparation des interventions
Rassembler pour chaque intervention les pièces, les historiques et les consignes dispersées, et signaler ce qui manque avant le déplacement plutôt qu'une fois sur site.
Rien de ce que nous faisons ne touche la sécurité des installations.
La frontière est posée au cadrage et elle n'est pas négociable en cours de projet.
Les systèmes de conduite et de sécurité relèvent d'un monde réglementaire et technique distinct, avec ses certifications et ses contraintes temps réel. Nous travaillons en lecture sur les données qu'ils produisent et nous écrivons dans les outils de gestion, jamais dans la boucle de commande.
Cette frontière rassure, mais elle a aussi une conséquence pratique : le gain ne vient pas d'un pilotage automatique, il vient du temps d'avance donné aux équipes. C'est moins spectaculaire et beaucoup plus facile à mettre en production.
Par le fichier Excel.
Celui qui fait le lien entre les trois systèmes contient la règle métier que vous cherchez.
Il est tentant de commencer par l'anticipation des arrêts, qui est le cas le plus valorisant. C'est presque toujours une erreur : sans réconciliation fiable, le modèle apprend sur des données décalées et produit des signalements que l'atelier cesse de lire au bout d'un mois.
Nous commençons donc par reprendre le fichier de réconciliation et par expliciter ce qu'il fait. C'est un chantier court, il sécurise la suite, et il règle au passage le risque de dépendance à la personne qui le tient.
Travaillons ensemble, ou pas.
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